
Votre enfant manque de concentration ou vous êtes enseignant(e) et accueillez dans votre classe un enfant souffrant d’un trouble attentionnel. Afin de comprendre cette spécificité, je vous donne dans ce document quelques explications sur ce trouble.
L’attention est très différente de la motivation. Beaucoup de parents ou d’enseignants me disent : « Quand il veut, il peut ! » Non, malheureusement, pas quand il souffre d’un manque d’attention reconnu d’un point de vue cognitif !
L’attention s’exprime quel que soit le degré de motivation de l’enfant et son appétence pour l’activité ou le cours enseigné. Elle se répercute dans tous les apprentissages scolaires : mathématiques, graphisme, lecture… et dans la vie quotidienne. Les troubles rendent les apprentissages plus coûteux en temps, avec de la lenteur, et en énergie, avec de la fatigue.
L’enfant ne fait pas exprès : son cerveau ne lui permet pas d’être concentré comme il le voudrait. Ce n’est pas non plus lié à une carence éducative. L’enfant a un fonctionnement cognitif qui ne lui permet pas de focaliser suffisamment son attention sur les informations kinesthésiques, visuelles ou auditives qui lui parviennent.
Le trouble attentionnel dans le TDAH et dans les troubles des apprentissages
Les troubles de l’attention sont présents dans le trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité, ou TDAH.
Mais ils peuvent être fréquemment associés à d’autres troubles d’apprentissage, comme la dyslexie, la dyspraxie ou la dyscalculie, et peuvent parfois être observés dans le cadre de difficultés psycho-affectives, comme la dépression ou les troubles anxieux.
Le diagnostic de trouble attentionnel est fait par une équipe pluridisciplinaire spécialisée, composée par exemple d’un neuropsychologue, d’ergothérapeutes ou d’un orthophoniste formés à ce trouble. Cette équipe devra déterminer l’origine, c’est-à-dire la cause des troubles, et le diagnostic devra être validé par un médecin, pédopsychiatre ou neuropédiatre. Attention, tous les professionnels ne sont pas formés à ce trouble !
Le trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité, TDAH, est, comme son nom l’indique, composé de deux symptômes : l’inattention et le trouble de l’inhibition, ou impulsivité, associés parfois, ou non, à de l’hyperactivité.
Ainsi, les formes où l’inattention prévaut, sans hyperactivité, peuvent passer inaperçues car, en classe, l’enfant reste discret.
Si vous souhaitez que votre enfant bénéficie d’une évaluation des capacités attentionnelles, n’hésitez pas à me contacter.

Il existe trois types d’attention
- L’attention sélective : elle permet de trier les informations disponibles dans le but de ne retenir et de ne traiter que celles qui sont pertinentes pour l’activité en cours, en inhibant la réponse aux autres stimuli. Pour poser le diagnostic, on évalue l’attention sélective et auditive.
- L’attention divisée : lorsque le sujet doit effectuer deux tâches distinctes ou traiter deux types de stimuli différents en même temps, on parle d’attention divisée ou partagée.
- L’attention soutenue : quand l’attention sélective doit être maintenue pendant une longue période, elle est dite soutenue.
Comment cela se manifeste ?
Difficulté à filtrer les informations non pertinentes pour la tâche en cours
- L’enfant est très facilement distrait. Les stimulations environnementales, comme les bruits, les conversations, la lumière, les images ou les mouvements, parasitent la réalisation de la tâche.
- L’enfant parvient difficilement à planifier les différentes étapes de son action ou de sa réflexion.
- L’enfant présente des difficultés d’organisation matérielle : cartable, présentation des cahiers.
- L’enfant est impulsif, se précipite pour effectuer une tâche ou répondre à une question : il ne lève pas le doigt pour parler, répond avant la fin de la question ou ne peut pas attendre son tour dans le rang.
- L’enfant a la « bougeotte » ou ne peut pas s’empêcher de manipuler des objets placés à sa portée, ce qui peut correspondre à de l’hyperactivité.
Difficultés lorsqu’il doit répartir simultanément son attention sur deux tâches
Ces difficultés sont marquées lorsqu’il doit répartir simultanément son attention sur deux tâches, par exemple écrire et écouter, écrire et calculer, etc.
- Il ne peut faire qu’une des deux tâches.
- L’enfant est facilement découragé par une tâche complexe à effectuer.
Difficulté à maintenir son attention dans le temps
L’enfant a une difficulté à maintenir son attention de manière constante et soutenue dans le temps, ou présente des fluctuations d’attention.
- L’enfant est lent dans l’exécution de la tâche et ne parvient pas à finir seul les activités engagées.
- Les performances se dégradent rapidement en fonction du temps au cours d’une même tâche, avec par exemple une dégradation du graphisme. Les oublis sont très fréquents : matériel, consignes, etc.
- L’enfant peine à initier une activité.
- L’enfant décroche et paraît ailleurs.
- Ses performances varient selon les moments de la journée, alors que l’enfant a les capacités requises pour faire la tâche demandée.
Attention : ces enfants sont intelligents et leur attention n’affecte pas leurs capacités intellectuelles. En revanche, ils ont besoin d’aménagements pédagogiques spécifiques leur permettant de compenser leurs difficultés !
Les adaptations pédagogiques sont à mettre en place en classe mais aussi, évidemment, à la maison !
Voici quelques aménagements généraux
- Placer l’élève près du bureau en classe, ou placer l’enfant dans un endroit calme, sans télévision, à la maison.
- Réduire le matériel sur son bureau.
- Éviter les éléments distrayants dans la classe ou à la maison, qu’ils soient sonores ou visuels.
- Adapter son assise avec un coussin pour qu’il puisse bouger le bassin sans déranger les autres.
Malheureusement, dans cet article, je ne pourrai pas lister d’autres aménagements car je ne veux pas faire appliquer des « recettes » qui ne correspondent pas aux besoins de l’enfant.
Chaque profil est différent et les besoins diffèrent grandement d’un élève à l’autre.
Je vous encourage donc à faire évaluer les capacités attentionnelles de votre enfant par un professionnel formé. Lui seul, grâce à la maîtrise d’outils d’évaluation pointus et étalonnés, a la connaissance du trouble et peut préconiser des aménagements individualisés et ciblés.
Retenez que, pour ces enfants, les apprentissages sont coûteux en temps et en énergie. Il vaut mieux en faire un peu moins et bien, que plus et mal...
Aussi, un accompagnement rééducatif, en ergothérapie, orthophonie, orthoptie ou psychomotricité avec une personne formée, peut être proposé en fonction de la nature des difficultés scolaires associées. Cette rééducation est nécessaire pour :
- renforcer les capacités d’attention déficitaires ;
- lui enseigner des stratégies de compensation ;
- aider l’enfant à identifier, comprendre et évoluer avec ses difficultés ;
- lui redonner confiance en lui.

Je suis ergothérapeute à Barcelone, formée aux troubles attentionnels, et vice-présidente de l’association Precodys, Association professionnelle des enfants HPI et DYS. J’effectue les évaluations, propose un programme de rééducation et les aménagements scolaires adéquats en lien avec le projet de l’école.
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Je suis Helene Peteau, ergothérapeute spécialisée TDAH & DYS, en exercice depuis plus de 30 ans. Je travaille exclusivement en ligne, ce qui me permet d'accompagner les familles francophones partout dans le monde. Si vous avez des questions sur la situation de votre enfant ou la vôtre, le premier entretien est gratuit.
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