
De nombreux parents s’interrogent sur les difficultés rencontrées par leur enfant avec un TDAH — trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité — ou une dysgraphie, notamment lorsqu’il s’agit de copier un schéma, de dessiner ou d’organiser son travail écrit.
À la maison ou à l’école, ils observent parfois un enfant capable de très bonnes performances lorsqu’il est motivé, mais qui s’effondre rapidement dès que la tâche lui semble peu intéressante. Comment expliquer ces variations ? Et surtout, que faire pour l’aider ?
Comprendre les enjeux derrière les difficultés graphiques
Copier une figure, rédiger un texte, réaliser un schéma ou construire un assemblage en deux ou trois dimensions ne fait pas seulement appel à des compétences motrices. Ces activités sollicitent aussi des fonctions cognitives complexes comme la planification, l’organisation, la mémoire de travail, le contrôle de l’impulsivité et la coordination visuo-motrice.
Chez l’enfant présentant un TDAH, ces fonctions exécutives sont souvent fragiles. L’enfant peine à s’organiser dans l’espace, à planifier les étapes, à rester attentif au global sans se perdre dans les détails, ou encore à freiner son impulsivité.
Résultat : la tâche devient coûteuse en énergie et en attention. Cela peut entraîner de la lenteur, des erreurs, de la fatigue et parfois une perte de confiance en soi.
Pourquoi ces difficultés passent-elles parfois inaperçues ?
L’un des aspects les plus déroutants pour les parents et les enseignants est que ces difficultés ne sont pas toujours visibles de manière constante. Lorsqu’un enfant est passionné par une activité, il est souvent capable de mieux mobiliser ses ressources : il s’efforce de planifier, reste plus concentré et persévère davantage.
Cette amélioration ponctuelle peut donner l’impression que l’enfant est « capable quand il veut », mais cette interprétation masque souvent la réalité : ce n’est pas qu’il ne veut pas, c’est qu’il ne peut pas toujours. C’est particulièrement vrai dans les contextes peu motivants, longs, répétitifs ou fortement exigeants sur le plan attentionnel.
La motivation agit comme un levier temporaire, mais elle ne résout pas les difficultés de fond.
Les conséquences dans les apprentissages scolaires visibles au quotidien
Ces fragilités se manifestent dans plusieurs domaines scolaires et pratiques :
- L’écriture : lenteur, désorganisation, lettres mal formées, taille irrégulière, non-respect des lignes.
- La réalisation de schémas : proportions incorrectes, oublis d’éléments, difficulté à reproduire une figure complexe.
- Les constructions en deux ou trois dimensions : maladresse, erreurs d’assemblage, difficultés à se repérer dans l’espace.
- La gestion des devoirs : difficulté à organiser les tâches, à anticiper le temps nécessaire et à hiérarchiser les priorités.
Ces difficultés entraînent souvent de la frustration et de la fatigue. Elles peuvent aussi placer l’enfant en situation de double tâche : il focalise son attention sur son écriture au lieu de se concentrer sur l’exercice de mathématiques, d’histoire ou de compréhension qu’il doit réaliser.
Des solutions concrètes pour aider l’enfant
Heureusement, il existe des adaptations simples qui permettent de soulager l’enfant et de l’aider à mieux s’organiser. Voici quelques pistes pouvant être recommandées après un bilan d’ergothérapie, indispensable pour personnaliser les solutions :
- Adapter les supports d’écriture : proposer des lignes Seyès plus espacées, ajouter des cadres pour délimiter les zones d’écriture et aider l’enfant à percevoir les limites de la page.
- Faciliter le balayage visuel : utiliser une règle de lecture ou un cache pour suivre les lignes et éviter que l’enfant ne saute d’une ligne à l’autre.
- Réduire la surcharge d’informations : alléger les feuilles de travail en ne conservant que l’essentiel et limiter le nombre de consignes à la fois.
- Alléger l’environnement visuel : limiter les affichages trop nombreux ou trop distrayants sur les murs de la classe ou dans l’espace de travail à la maison.
- Organiser l’espace et le temps : proposer un espace calme, bien organisé, et mettre en place des routines pour structurer les devoirs.
Ces ajustements permettent à l’enfant de consacrer son énergie cognitive à l’essentiel, sans s’épuiser dans des efforts de compensation.
Mon rôle en tant qu’ergothérapeute
En tant qu’ergothérapeute, j’accompagne les enfants présentant un TDAH, une dysgraphie ou des troubles des fonctions exécutives afin de les aider à développer des stratégies adaptées à leurs besoins.
Mon travail consiste à renforcer leurs capacités de planification, d’organisation et de gestion de l’impulsivité, tout en réduisant la surcharge cognitive qu’ils rencontrent au quotidien.
J’interviens également auprès des parents et des enseignants pour proposer des conseils pratiques et des aménagements simples à mettre en place, que ce soit à la maison ou à l’école.
L’objectif n’est pas de contraindre l’enfant à s’adapter coûte que coûte, mais de l’aider à exprimer pleinement son potentiel dans un environnement plus apaisé et structuré.
À retenir pour les parents
Les difficultés rencontrées par l’enfant avec TDAH ou dysgraphie dans les tâches graphiques ne relèvent ni de la paresse ni d’un manque de capacités. Elles sont le reflet de besoins spécifiques d’accompagnement et d’adaptations.
Avec les bons outils et un soutien adapté, ces enfants peuvent progresser, retrouver confiance et mieux vivre leurs apprentissages.
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Je suis Helene Peteau, ergothérapeute spécialisée TDAH & DYS, en exercice depuis plus de 30 ans. Je travaille exclusivement en ligne, ce qui me permet d'accompagner les familles francophones partout dans le monde. Si vous avez des questions sur la situation de votre enfant ou la vôtre, le premier entretien est gratuit.
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